L’impact élevé de l’électrification transfrontalière du Togo, en provenance du Benin et du Ghana

En raison de distances importantes, il est souvent jugé trop coûteux de procéder à l’électrification des zones rurales isolées en les raccordant directement au réseau. Cependant, dans le cas où les dîtes zones rurales isolées seraient proche d’un pays frontalier, il peut être envisageable de connecter ces zones au réseau du pays voisin, dans la mesure où celui-ci serait géographiquement plus proche que le réseau national. Dans l’optique de remédier aux grandes dépenses ainsi qu’aux obstacles liés à l’électrification de zones isolées, on compte trois projets d’électrification transfrontalières dans les parties Nord, Ouest, et Sud du Togo, en coopération avec le Ghana et le Bénin respectivement parlant. Ces projets sont tous trois sous l’égide de l’organisation régionale d’Echange d’Energie Electrique Ouest Africain, ayant dirigé ces projets en collaboration avec les différentes infrastructures énergétiques nationales des pays investis.

 

Un impact positif est visible au niveau des villages de plus grosse traille ayant été électrifiés à l’issue du projet. Ces derniers ont en effet connu un essor non-négligeable en termes d’activité économique comptant entre autres conséquences positives de la coopération transfrontalière, l’émergence de nouveaux artisans et magasins. La qualité de vie des villageois ayant dorénavant accès à l’électricité s’est trouvée améliorée, grâce à un meilleur éclairage public ou privé qui diminue le risque de morsures accidentelles de serpents et favorise une vie sociale le soir venu, mais aussi grâce à l’accessibilité du froid notamment pour le rafraîchissement des boissons. Coté santé, les centres de soins parlent aussi d’une amélioration de la qualité des soins dispensés de nuit. Enfin, les écoles recensent aussi une hausse du taux de réussite scolaire, directement liée à la possibilité pour les élèves de faire leurs devoirs le soir, soit chez eux, ou bien dans des salles de classes éclairées.

 

Les trois projets en question ont grandement amélioré la qualité de vie des populations des régions sélectionnées. Cependant l’électrification transfrontalière comporte aussi certains désavantages. Notamment au niveau d’une nette différence sur de la durée des coupures d’électricité se produisant dans les localités Togolaise selon si elles sont desservies par les réseaux Togolais, Ghanéen ou Béninois.  En effet, les coupures occasionnées par des dysfonctionnements sur les réseaux du Ghana ou du Benin durent général de plusieurs jours, soit une durée beaucoup plus longue que pour des coupures liées à un problème sur le réseau Togolais. Il est difficile de déterminer les causes de ces coupures de courant mais il est probable qu’en raison de leur localisation géographique difficile d’accès ou de leur localisation sur une frontière, ces lignes électriques soient plus difficiles à réparer lorsqu’un problème survient. Une autre explication pourrait aussi résider en un délai plus long pour procéder aux réparations, de la part des entreprises Béninoises et Ghanéennes, lorsqu’il s’agit de lignes destinées à une clientèle Togolaise plutôt que de lignes destinées à desservir des populations sur leurs territoire respectifs. Peu importe la raison, les conséquences de longues coupures de courant sont inévitables et de plus ou moins grande amplitude pour les magasins et artisans qui se retrouvent face au risque de devoir déclarer faillite si la coupure persiste plusieurs jours durant.

La bonne qualité du travail réalisé ainsi que l’anticipation de la demande à venir, en termes de longueur des lignes électriques et des transformateurs ont permis de garantir un service stable et sûr pour plusieurs années. En conséquence de quoi ces trois projets ont bien prouvé de la faisabilité et de l’utilité de l’électrification transfrontalière comme alternative à l’électrification hors- réseau des zones isolées.